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Santé : Nourrir la population de demain : des enjeux humains et financiers

Surpopulation en perspective
6,75 milliards, voilà combien d’êtres humains nous étions sur Terre hier matin. Le site de l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED) affiche sur sa page d’accueil le décompte de la population mondiale. Evidemment, ce chiffre est soumis à quelques approximations, le recensement n’est pas aussi précis dans tous les coins du globe qu’en France.

Il est certain, en revanche, que la population augmente à une vitesse incroyable. Nous serions cinq de plus sur Terre toutes les deux secondes. Notre peuplement mondial a connu une accélération depuis le siècle dernier. Il nous a fallu attendre le début du XIXe siècle, soit des centaines de milliers d’années, pour être un milliard. En 1930, la population passe de un à deux milliards, cela a pris 130 ans. Au XXe siècle, la donne s’accélère : +1 milliard en 30 ans, puis en 14 ans, en 13 ans, en 12 ans.

Au cours du XXIe siècle, notre population pourrait doubler. Heureusement, nous devrions atteindre un stade de stabilisation. Pour l’instant, la mortalité recule, mais tous les pays n’ont pas encore régulé leur taux de natalité. Avec leur développement, ces pays verront leur nombre de naissances diminuer, la population mondiale se stabiliserait alors.

Les scenarii les plus optimistes établissent cette stabilisation à 10 - 11 milliards d’êtres humains. Problème : d’autres scientifiques prédisent que la Terre ne pourra tolérer plus de huit milliards d’individus. Si nous conservons notre rythme de croissance actuel, nous y serions dans 15 ans.

Dix milliards de bouches à nourrir
Nous nous arrachons les céréales. Les pays les plus pauvres en ont besoin pour constituer la base de leur alimentation. Les pays industrialisés en importent pour nourrir le bétail qui finira ensuite dans leurs assiettes. La Chine se fait de plus en plus demandeuse : elle représente déjà 5% des échanges mondiaux dans le secteur céréalier.

Pour répondre à la demande, il faudrait que la production agricole double au cours des dix prochaines années. Sinon, nous allons au devant de problèmes d’approvisionnement dans certains pays, de famine dans d’autres.

Deux problèmes se posent déjà :

  • la surface des terres cultivables disponibles ;
  • le coût des produits matières premières agricoles.

Les terres agricoles risquent de se faire plus rares à mesure que les problèmes climatiques s’accentuent. En 2006, le secrétaire à la défense britannique lançait cet avertissement : le changement climatique “rendra encore plus rares (…) l’eau propre, la terre agricole viable, qui sont déjà rares”.

Quant au coût des matières premières agricoles, il est sujet à l’inflation et a si dramatiquement augmenté ces derniers mois qu’il a mené aux émeutes de la faim.

Alors que l’Europe est en train de renforcer sa législation anti-OGM, d’après plusieurs spécialistes, ils représenteraient l’une des seules options valables pour parvenir à nourrir la planète.

La question des OGM
En France, et plus largement en Europe, nous sommes contre les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Nous serions 70% d’européens à demander leur interdiction, selon le ministre tchèque de l’environnement, Martin Bursik. Les effets des OGM sur la santé ne sont toujours pas réellement connus.

Malheureusement, notre “realpessimisme” nous pousse à penser que nous ne pourrons, à terme, échapper aux OGM. L’Europe sera peut-être le dernier bastion de résistance, mais les OGM couvrent déjà 114,3 millions d’hectares dans le monde, cultivés par 12 millions d’agriculteurs. Certains pays sont de grands consommateurs, comme les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, le Canada, l’Inde ou la Chine.

La liste devrait s’allonger, les OGM semblant être le meilleur moyen pour nourrir le bétail et la population mondiale à un plus faible coût. Le Burkina Faso, l’Egypte et, éventuellement, le Vietnam seraient d’ailleurs sur le point de franchir ce cap.

Les OGM présentent en effet plusieurs avantages : ses plants sont plus résistants, ce qui réduit le risque de perdre une récolte ; ils peuvent pousser sur des terres inhospitalières, très sèches ou salinisées ; leur composition peut être modifiée pour s’adapter aux besoins des populations les plus défavorisées (enrichissement en vitamine A par exemple).

Au final, les OGM coûtent moins cher. Ce qui constitue en Europe l’un des arguments des pro OGM. Nous importerions 77% de céréales pour nourrir le bétail. Nous payons ces céréales environ 10% plus cher que si elles provenaient d’une agriculture à base d’OGM.

Pour l’instant, les OGM semblent être la solution d’avenir. Pourtant, leur utilisation risque également à long terme de contaminer et détruire des écosystèmes entiers. Rappelons que, d’après les experts, la préservation de la biodiversité serait plus profitable — et coûtera finalement moins cher — que l’extension à tout prix des cultures. Il pourrait en être de même avec les OGM.

Profitez du secteur agricole
La croissance démographique pousse le secteur agricole sur le devant de la scène. Les opportunités d’investissement, à long terme comme à court terme, y sont nombreuses. Pour suivre les évolutions du secteur, il existe des indices matières premières, comme le RICI. Pour plus de précision encore, un sous-indice du RICI ne reprend que les contrats à terme sur les produits agricoles.

Si le RICI recule en ce moment, comme le pétrole auquel il est très lié, il ne faut pas pour autant se détourner du secteur agricole. Les récoltes pour la saison, notamment aux Etats-Unis, sont bonnes, laissant présager de bons volumes, ce qui contribue à faire reculer l’indice. A long terme, cependant, la demande en matières premières agricoles devrait se poursuivre, l’indice devrait donc rester haussier.

Pour profiter de cette demande, le rédacteur Agora, Jean-Claude Périvier, propose également d’investir sur le long terme dans la gamme complète des produits agricoles au travers d’une SICAV. Il a sélectionné la SICAV de capitalisation de la BNP Passworld Agriculture C (code ISIN LU0283113388). Elle couvre le monde entier et se situe dans la catégorie “produits dérivés de matières premières”.

Source : MoneyWeek - 29.07.08

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