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Démographie Mondiale : les projections 2050 constituent la chaire développement durable du Collège de France

La population de la Terre dépassera 9 milliards de personnes en 2050. De cette projection établie par les Nations unies - la dernière révision date de 2006 - dépend à peu près… tout le reste. Rien d’étonnant, dès lors, qu’en ouvrant une chaire dédiée au développement durable, le Collège de France décide de confier la première des cinq années d’enseignement au démographe Henri Leridon.

“C’est tout l’intérêt de la chaire que de balayer les différents aspects - démographie, climat, ressources, etc… - car le développement durable n’est pas une discipline en tant que telle”, estime le directeur de recherche émérite à l’Institut National des Etudes Démographiques (INED) qui a prononcé, jeudi 5 mars, sa leçon inaugurale, cinquante ans après Alfred Sauvy, qui a occupé, dans la même enceinte, la chaire démographie sociale.

L’enseignement de la chaire développement durable, dont la création a été suggérée par le climatologue Edouard Bard, sera donc complété par des apports concernant le changement climatique et ses impacts sur la santé et l’économie ; les conséquences des activités humaines sur le cycle de l’eau, du carbone et de l’azote ; l’alimentation et la nutrition ; la biodiversité et le futur énergétique.

Le soutien de Total (243.000 euros par an sur cinq ans), permettra, indique-t-on au Collège, “une diffusion des cours au-delà du cinquième arrondissement de Paris”, grâce à une traduction simultanée en anglais et via une mise en ligne.

Les débats sur la démographie semblent bien plus apaisés que dans les années 1960, quand il était question de surpopulation et de “bombe” démographique.
Au niveau mondial, le contexte, c’est vrai, a complètement changé. A l’époque d’Alfred Sauvy, la croissance démographique était très forte et ne donnait aucun signal de ralentissement. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur une prévision : entre 9 et 10 milliards d’individus en 2050. Nous ne sommes plus dans un emballement : un horizon est fixé.

La question n’est donc plus de savoir combien nous serons, mais comment les sociétés et les gouvernements doivent s’organiser face à la progression de la population qui va inexorablement vers 8 à 10 milliards. La question du nombre “optimum” continue d’avoir un intérêt théorique, mais elle n’est pas d’une grande utilité pratique.

La population mondiale devrait, selon les prévisions des Nations unies, atteindre 9,2 milliards d’ici à 2050 puis se stabiliser. Est-ce la fiabilité de cette projection que vous allez étudier ?
Comment aboutit-on à une telle prévision ? Quelles en sont les grandes théories explicatives ? Quelles sont les marges d’incertitude ? Telles sont en effet quelques-unes des questions que nous étudierons au cours de cette année. Les marges d’incertitude constituent un objet de débat. Certains démographes ont cherché à introduire des aléas, de l’incertitude dans leurs projections, un peu à la manière du groupe d’experts intergouvernement sur l’évolution du climat qui, dans ses prévisions, ne donne jamais des valeurs moyennes mais des fourchettes.

Y a-t-il désormais consensus autour de ce chiffre ?
Absolument. Nous sommes passés dans le monde, en l’espace de 50 années, d’une forte fécondité, avec 5 enfants par femme, à 2,7 actuellement. Le solde nécessaire pour un renouvellement des générations s’établit autour de 2,1-2,2 enfants par femme. Nous avons donc d’ores et déjà parcouru 80% du chemin. Nous savons aussi que même si tous les couples, instantanément, décidaient de se limiter à deux enfants - ce qui est peu probable ! -, la population atteindrait 8 milliards d’individus. C’est dire que nous devons compter avec une certaine inertie et que nous ne disposons d’aucun moyen pour aller bien en deçà de cette projection de 9 milliards d’humains.

La tendance de la fécondité - à l’exception de treize pays, dont douze situés en Afrique subsaharienne, où les taux de croissance de la population restent supérieurs à 3 % - est au déclin dans les pays en voie de développement. Leur transition démographique s’effectue d’ailleurs à un rythme beaucoup plus soutenu que dans les pays développés. C’est important, car ce sont eux qui déterminent la tendance actuelle. La Chine est en dessous de 2 enfants, l’Inde à 2,9.

La maîtrise de la fécondité n’est-elle donc plus d’actualité ?
Tout cela ne veut pas dire “Ne faisons rien !”. Rien n’est jamais acquis et la maîtrise de la fécondité reste nécessaire. Mais les grands programmes de contrôle des naissances, coercitifs et qui n’ont pas toujours donné de bons résultats, ne me semblent plus d’actualité.

Vers une population de 9,2 milliards en 2050

  • La population mondiale : elle a quasiment triplé en un demi-siècle : de 2,535 milliards en 1950, elle devrait passer à 6,828 milliards en 2009. Les prévisions des Nations unies tablent sur une population de 9,191 milliards d’humains en 2050
  • L’Afrique : de plus de 1 milliard d’habitants, le continent verra sa population passer à 2 milliards en 2050
  • L’Asie : elle comptera 4,1 milliards d’habitants en 2009 et dépassera les 5 milliards en 2050
  • L’Europe. Le déclin va se poursuivre, la population passant de 730 millions actuellement à 664 millions d’habitants en 2050.

Source : Le Monde - 06.03.09

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