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Démographie France : de 1970 à 2000, les prédictions démographiques étaient justes sauf pour le vieillissement

Rétrovision. Dans les années 70, les démographes ont bien prédit le nombre d’habitants que compterait l’Hexagone en 2000. Mais ils n’ont pas vu venir le veillissement de la population.

Et 834.000 bébés en 2008! Qui n’a pas entendu les cocoricos saluant l’exceptionnelle natalité en France, un des rares pays de l’Union européenne à ne pas être menacé par une diminution de sa population dans les prochaines décennies. A l’horizon 2050, l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) annonce un Hexagone peuplé d’environ 70 millions de personnes, soit six millions de plus qu’aujourd’hui. Bien loin, cependant, de “cette France de 100 millions d’habitants” qu’annonçait De Gaulle en présentant ses vœux à ses compatriotes le 31 décembre 1962.

Vaccination. “S’il est acquis que, définitivement, le peuple français ne se multiplie pas, alors la France ne peut plus rien être qu’une grande lumière qui s’éteint”, déclarait déjà le Général devant l’Assemblée provisoire, en 1945. Car des communistes aux gaullistes, tous les courants politiques sont alors partisans d’une politique nataliste volontariste pour compenser les hémorragies des deux guerres mondiales. Le paiement des allocations familiales absorbe alors la moitié des dépenses de la toute jeune Sécurité sociale. Rien n’est trop beau pour que l’enfant devienne “l’ami public numéro 1″, comme le dit le démographe Alfred Sauvy.

Et ça marche! Dès 1946, la natalité bondit : 843.000 naissances, soit 200.000 de plus que l’année précédente. On croit à un rattrapage après les années de guerre, comme en avait connu le début des années 20, mais la tendance se poursuit. Dans les années 50 et 60, il naît chaque année plus de 800.000 bébés et la mortalité infantile régresse grâce aux campagnes de vaccination et au développement de l’hygiène.

Stable depuis la fin du XIXe siècle, la population française se met à croître : 40,5 millions en 1946 ; 42,7 millions en 1954 ; 46,5 millions en 1962, année dopée par l’arrivée de 600.000 rapatriés d’Algérie. C’est porté par cet optimisme que De Gaulle annonce l’avènement d’une France de 100 millions d’habitants. Si le chiffre agite le monde politique - on se l’envoie au nez à l’Assemblée au moment de la discussion de la loi Neuwirth autorisant la contraception, votée en 1967 - il n’est cependant retenu par aucun démographe. En 1970, les statisticiens en charge du VIe plan tablent sur une population française comprise entre 59,3 et 63,4 millions d’habitants, hors immigration, à la fin du siècle.

Cette prévision s’est avérée aussi correcte dans son résultat que fausse dans ses hypothèses : si la France comptait bien 60,5 millions d’habitants au 1er janvier 2000, on était, cependant, très en dessous des 890.000 à 1.100.000 naissances annuelles annoncées ; et l’espérance de vie très au-dessus des 73 ans, pour les hommes, et 78 ans pour les femmes retenus par les statisticiens de l’époque.

Que s’est-il passé? Premièrement, les statisticiens avaient sous-estimé les progrès de la médecine, qu’ils ne voyaient à l’œuvre que dans la diminution de la mortalité infantile. Or, c’est surtout dans la prolongation de la durée de vie que les progrès ont été enregistrés. L’espérance de vie attendue pour l’an 2000 a été atteinte dès 1977! Résultat : le vieillissement de la population s’est révélé beaucoup plus fort et rapide qu’on s’y attendait.

Deuxièmement, la démographie n’est une science (presque) exacte que tant qu’elle ne s’occupe que de prévoir ce que deviendra une population à comportements individuels inchangés. Or les années 70 voient les couples modifier brutalement leurs pratiques. L’âge moyen au premier enfant, qui n’avait cessé de diminuer depuis la fin de la guerre, pour passer sous les 24 ans, se met à grimper soudainement en 1975 (il frôle aujourd’hui la barrière de la trentaine, à 29,9 ans). Dans le même temps, la natalité s’effondre. Du record des 881.000 naissances en 1971, on tombe à 745.000 en 1975.

Crise. Entre les deux, la crise économique de 1973 est venue mettre fin au baby-boom. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, on peut s’attendre à ce que les chantres de la natalité française se fassent discrets lorsqu’ils apprendront les chiffres de la natalité 2009!

Source : Le Figaro - 10.03.09

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Une Réponse »

  1. au vu des chiffres de l’insee +(naissances mois par mois) , la natalité ne s’est pas effondrée en 2009

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