Démographie France : croissance de la population et disparités régionales en Bretagne
À l’horizon 2030, la population bretonne devrait connaître une progression de l’ordre de 14 %. Mais avec de très grandes disparités entre l’est et l’ouest de la région. Au siècle dernier, le spectre de “Rennes et du désert breton” était agité. Dans vingt ans, faudra-t-il parler de “Rennes-Vannes-Auray et du désert breton” ?
L’étude que publient les statisticiens de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) révèle qu’en 2030, la fracture démographique (et donc du dynamisme) entre l’est et l’ouest de la Bretagne se sera accentuée. De l’eau apportée au moulin de ceux qui plaident pour une politique plus vigoureuse en matière d’aménagement du territoire. Une source d’inquiétude, sans doute, pour la Basse-Bretagne à l’heure où les maires de Rennes et Nantes annoncent leur intention de renforcer les coopérations entre les deux métropoles régionales.
3,5 millions de Bretons en 2030
La Bretagne (administrative) va connaître un début de XXIe siècle démographiquement dynamique. Si les tendances actuelles se prolongent, la population bretonne pourrait croître de 14% dans les vingt prochaines années, contre 11% au niveau national.
On compterait ainsi plus de 3,5 millions de Bretons en 2030, contre un peu plus de 3 millions aujourd’hui. Cette croissance de la population ne sera cependant pas également répartie sur la péninsule. L’arc Rennes-Auray fera figure de champion en s’offrant une progression de 24% au minimum! En revanche, le dynamisme serait moindre en Bretagne ouest. Loin du littoral, la population de la Bretagne centrale (la plus à l’ouest) pourrait même perdre des habitants, le Pays de Lorient restant juste stable.
Rennes et Brest plus jeunes
Ce n’est pas le nombre de naissances par rapport au nombre de décès (solde naturel) qui va faire bondir la population bretonne. C’est un solde migratoire positif. En d’autres termes, un nombre d’installations sur le territoire plus important que celui des départs. Ce solde migratoire positif (l’exode breton n’est plus qu’un vieux souvenir…) contribue, pour plus de la moitié à l’augmentation attendue de la population. Deux exceptions toutefois : le Pays de Rennes et le Pays de Brest. La population y est plus jeune. Un habitant sur quatre y a moins de 20 ans et les vieux y sont moins nombreux. Ces deux secteurs conserveront donc un solde naturel positif.
Le littoral plus vieux
La population de tous les Pays bretons vieillirait d’ici 2030. Les moins de 20 ans y seront alors moins nombreux que les personnes de plus de 65 ans. Ce vieillissement serait d’autant plus marqué que les Pays sont déjà les plus “vieux” : de Vannes à la Cornouaille pour le littoral sud, Dinan-Saint-Malo et Trégor-Goélo pour le littoral de la Manche. Maigre consolation : le Centre Bretagne, où la population est aujourd’hui la plus âgée, serait celle qui connaîtrait un des vieillissements les plus faibles.
55.000 nouveaux actifs à Rennes
Ils concentrent le dynamisme démographique des vingt prochaines années. Dans les quatre pays du bassin rennais, ainsi que dans les Pays de Redon et Vilaine, de Vannes et d’Auray, le nombre d’actif potentiels (personnes de 20 à 64 ans) devrait augmenter. Le Pays de Rennes en gagnerait ainsi 55.000! Mais celui de Lorient en perdrait 19.000, celui de Cornouaille 12.000 et celui de Dinan 7.000.
Source : Ouest-France - 18.06.09



