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Taxe carbone : une solution à l’urgence climatique et à l’après pétrole ?

Le projet de taxe carbone préparé par Michel Rocard, pour nous inciter à modifier nos manières de vivre, a le grand mérite d’attirer l’attention sur l’urgence climatique. Les caprices de la météo estivale dans nos contrées tempérées ne doivent pas nous leurrer : “Le dérèglement du monde” comme le dit Amin Maalouf se lit aussi dans le réchauffement climatique qui menace d’épuiser la planète.

L’idée de progrès infini est mise à mal par la réalité physique du monde : le monde est fini. “Nous n’avons donc plus tout le temps devant nous”, fait écho dans un autre essai Albert Jacquard qui invite lui aussi à un changement de nos comportements si nous voulons continuer à vivre sur une terre dont nous avons bien entamé le capital.

Le monde est fini mais la croissance démographique est exponentielle. L’activité humaine produit le réchauffement climatique que personne ne conteste : l’augmentation de 4 degrés en moyenne depuis deux siècles succède à une augmentation de 8 degrés en 100.000 ans. Cette accélération du réchauffement dégrade la biodiversité : un tiers des espèces vivantes pourrait disparaître d’ici 2050! C’est demain.

“La cascade infernale conduit à la rupture des équilibres écologiques”, résume Jacques Bregeon, infatigable pédagogue qui nous aide à prendre conscience de l’urgence à agir. Dans 30 ou 40 ans, il n’y aura plus assez de pétrole mais il restera assez de charbon pour faire tourner les centrales électriques pendant deux siècles : la Chine en inaugure d’ailleurs deux par semaine! Et cela nous rappelle que rien ne se fera sans la Chine. Rien ne se fera non plus sans l’Inde dont la démographie domine toutes les courbes de croissance.

La démographie s’oppose au développement : que faire après le pétrole? Et comment garantir la sécurité alimentaire? Face à l’enjeu de la survie du monde, le développement durable est une réponse avancée depuis une trentaine d’années. Ce n’est ni tombé de la dernière pluie de la mode ni une révélation d’une récente campagne électorale. Le monde s’est donné rendez-vous en décembre à Copenhague avec la conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Prendre des décisions aujourd’hui en fonction de leur impact demain. Savons-nous le faire? Pas encore car le calendrier de nos échéances démocratiques n’est pas celui de la dégradation planétaire… Mais l’urgence n’en est pas moins là. C’est ici et maintenant que nous devons tous agir. Le jour d’après, il sera trop tard.

Source : Ouest France - 26.07.09

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