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Démographie Mondiale : les faibles taux de fécondite actuels inquiètent les États

Si le vieillissement de la population devient un grand souci dans le monde, c’est que par ailleurs le taux de fécondité (ou le taux de natalité) est en baisse dans les pays qui ont amorcé leur transition démographique, c’est-à-dire en Europe, aux USA et au Canada.

En matière de fécondité, il y a trois catégories de pays. D’abord ceux où sont enregistrés les taux les plus faibles, à savoir les pays développés et qui connaissent des problèmes accrus de vieillissement de la population. Une autre catégorie, dont le Maroc fait partie, est celle des pays qui ont pu faire baisser le taux de fécondité. Enfin, la troisième catégorie est celle des pays où le taux de fécondité bat son plein, indique John Cleland, président de l’Union Internationale pour l’Etude Scientifique de la Population (UIESP). Union qui tient à Marrakech sa 26e conférence internationale de la population et qui s’achève ce vendredi 2 octobre.

Le niveau moyen de fécondité, d’après les statisticiens, retient un indicateur auprès des premiers et qui est de 1,5 enfant par femme à travers le monde. Un taux qui a de quoi inquiéter les nations. La fécondité a nettement baissé en dessous du seuil du remplacement des générations et ces pays commencent d’ailleurs à réaliser l’ampleur des difficultés à venir et cherchent à relancer leur fécondité. D’autant plus que, selon les chercheurs réunis à Marrakech pour ce congrès, la baisse du taux de fécondité est plutôt indue par un individualisme accentué, bien loin de l’idée qui reliait cette baisse à des menaces de guerres ou encore de crise économique.

Au contraire, plus une économie est florissante, plus le taux de fécondité est en baisse. “Dans une économie développée, le coût des enfants et de l’éducation devient dès lors plus élevé et les couples repoussent le plus longtemps possible le désir de mettre au monde des enfants”, constate Daniel Lindh de l’Institut des études futures de Stockholm.

Par ailleurs, les ambitions de la femme sur le marché de l’emploi ont imposé de nouveaux critères d’arbitrage sur la maternité. Les Etats ont un rôle à jouer pour renverser cette situation, analysent certains. Ces constats ne datent d’ailleurs pas d’aujourd’hui. Dans un pays comme les Etats-Unis, ils ont déjà été mis en avant par des études de démographes dans les années 1930. Les situations ont bel et bien changé. Pour Gunnar Anderson de l’université de Stockholm, coauteur d’une étude sur la Suède, il n’existe même pas de chiffres permettant de comparer clairement entre taux de fécondité urbain et suburbain. Néanmoins, d’après cette étude comparative dans 4 pays du nord de l’Europe dans les zones suburbaines, plus les municipalités sont petites plus le taux de fécondité est élevé. Les facteurs expliquant le phénomène ne sont pas non plus clairement définis.

“Mais, la réduction du coût de l’enfant encouragerait-elle la fécondité ?”, s’interroge Tomas Frejka de l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED). Les pays qui ont essayé de surmonter ce déclin, via des indemnités accordées aux parents qui ont plusieurs enfants, ont-ils réussi à surmonter les difficultés ? Allocation à la mère au foyer, congé de maternité très allongé en Suède ne veulent pas dire que le problème est surmonté. En France, par exemple, la politique du troisième enfant suscite autant de débats.

Le Maroc enregistre, lui aussi, une extraordinaire baisse de la fécondité. L’évolution de l’indice de fécondité national est passée de 4,3 à 2 enfants par femme en 2008. En 20 ans, cet indice a diminué de 2 enfants au niveau national. Il est sûr que la politique de planification familiale déclenchée en 1966 a joué un rôle dans la réduction de la fécondité. Seulement 8% des femmes utilisaient une méthode contraceptive dans les années 60 contre 63% en 2004. La contraception s’est également propagée par la valorisation de la famille réduite. Bien sûr les disparités existent entre milieux urbain et rural. Chez les ruraux, l’on a enregistré d’importantes baisses des taux de fécondité. En effet, l’indice de fécondité a baissé de 3 enfants au moins en milieu rural, d’après les repères statistiques du Haut Commissariat au Plan (HPC). La planification familiale a eu ses effets et n’est plus très loin du seuil de renouvellement des générations, conclut ce démographe marocain.

Source : L’Economiste - 02.10.09

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