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Santé : l’espérance de vie augmente, la durée théorique maximale de la vie aussi

Des scientifiques de l’INED (Institut National Etudes Démographiques) envisagent une extension de la durée de vie “jusqu’à 150 ans, voire davantage”.

Si l’espérance de vie à la naissance augmente bien dans la plupart des pays, en partie du fait de la forte baisse de la mortalité infantile, n’y a-t-il aucune limite au papy boom ?” All­ons-nous vers une “maîtrise de la sénescence”, comme le prédisait l’an­­cien directeur de l’Institut Jean Bourgeois-Pichat en 1988 ?

Éric Le Bourg, un spécialiste du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) (université Paul-Sabatier) s’insurge une fois de plus dans La Presse médicale (septembre 2009) contre cette fantaisie de la “démographie sans limite” envisagée par Graziella Caselli et Jacques Vallin (INED) qui prévoient une longévité moyenne de 150 ans en 2190. Selon cette hypothèse, les plus âgés décéderaient entre 270 et 275 ans, ce qui impliquerait que des personnes ayant 80 ans en 2000 seraient appelées à vivre encore 190 ans !

Âges extrêmes
Certes, depuis deux siècles, la forte mortalité infantile et les décès des trentenaires (par maladies infectieuses) ont disparu. Aujourd’hui, l’augmentation de la durée de vie s’est accompagnée de ce que les spécialistes nomment une “compression de la mortalité” : au lieu de s’étaler tout au long des âges, les décès se concentrent désormais aux âges ex­trêmes. Au Japon, la mortalité était le plus couramment observée en 1950 chez les personnes âgées de 75 ans, elle est désormais plus fréquente chez les Japonais de plus de 90 ans. Autrement dit, le pic de mortalité se décale sans cesse vers les âges plus avancés. De là à imaginer que tous ces morts en puissance pourraient repousser la limite de la vie, il n’y a qu’un pas… à ne pas franchir !

Jeanne Calment a vécu 122 ans, seule sur 6 milliards d’humains vi­vants à atteindre cet âge, mais pourtant les contemporains de cette doyenne française de l’humanité sont morts bien avant elle. Le site Internet de l’INED précise que “les scientifiques n’excluent pas que les êtres humains puissent vivre jusqu’à 150 ans, voire davantage”. Mais 39% des hommes de 100 ans meurent dans l’année, et 62% des hommes de 110 ans. Avec une telle mortalité, seul 1% des centenaires sur­vivent jusqu’à 110 ans et 1 pour 100.000 à 120 ans, la probabilité d’atteindre cet âge n’est donc pas nulle mais quasi-nulle. Contacté par Le Figaro, Jacques Vallin avoue qu’aujourd’hui “si la longévité augmente, on sait de moins en moins quelle est la limite théorique de la vie humaine”.

Source : Le Figaro - 30.09.09

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