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Faim, climat, démographie… les sujets du sommet de Copenhague 2009

Si la célèbre question de Lorenz est vérifiée selon laquelle un “battement d’ailes d’un papillon au Brésil provoque-t-il une tornade au Texas ?”, c’est-à-dire qu’une infime variation d’un élément peut s’amplifier progressivement, jusqu’à provoquer des changements énormes au bout d’un certain temps, alors les variations prévues dans les années à venir en matière climatique comme démographique, viendra un moment où les problèmes feront boule de neige. Si ce n’est déjà fait. La coïncidence du sommet de Rome de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) qui débutait hier et, celle, prochaine, de Copenhague illustre bien cette contiguïté. La faim dans le monde qui touche déjà un milliard d’individus et le réchauffement qui risque de priver d’eau d’ici 10 ans 1,5 milliards viendront s’additionner.

Or tout indique que, d’un côté comme de l’autre, ces deux rendez-vous ne déboucherons sur rien ou presque. Pourtant les diagnostics sont là, les dénonciations sont prêtes, ces fameux communiqués finaux qui permettent aux grands de monde de s’en prendre à ce “scandale absolu” qu’est la faim dans le monde, à la “bombe à retardement” du développement démographique incontrôlé, aux drames envisagés par la Chine qui est convaincue que la fonte des glaciers de l’Himalaya déstabilisera violemment son écosystème et que son régime des moussons est déjà largement perturbé qui lui fait courir le risque de sécheresses redoutable.

Impuissance et absence : la quais totalité du G20 a snobé ce sommet
Signe de cette impuissance : le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a effectué une grève de la faim de 24 heures samedi afin de “sensibiliser l’opinion publique”, avant l’ouverture du sommet sur “la sécurité alimentaire” ! Alors que toutes les six secondes, un enfant meurt de faim dans le monde, ce somment a été snobé par la quasi-totalité des dirigeants du G8. C’est qu’ils n’ont guère la conscience tranquille eux qui ne cessent d’agiter l’épouvantail d’une immigration incontrôlée, menaçant notre “identité nationale” et qui, en même temps, depuis des décennies, grâce à une politique agricole commune européenne dont les effets ont été catastrophiques pour l’agriculture africaine obligeant les paysans africains à migrer vers les bidonvilles urbains.

Savez-vous qu’une vache européenne reçoit plus de subventions que le revenu moyen d’un paysan africain ?
Savez-vous qu’une vache européenne reçoit plus de subventions que le revenu moyen d’un paysan africain ? Savez vous que l’Afrique est importatrice nette de produits agricoles à cause des distorsions créées par les subventions aux exportations américaines et européennes ? Seul leur démantèlement pourrait permettre à ce continent de redevenir exportatrice nette, ce qu’elle était avant la mise en place de la PAC, mais on en est loin, compte tenu de l’ampleur des égoïsmes nationaux.

À trois semaines de Copenhague, tout reste à faire
Et ce qui s’annonce à Copenhague n’est pas mieux : à trois semaines de l’ouverture de la conférence de l’Organisation des Nations Unies (le 7-18 décembre) tout reste à faire: les chiffres de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment des pays industrialisés, et le financement du futur accord, indispensable pour garantir une transition économique vers un développement propre et pour aider les pays les plus vulnérables à s’adapter aux changements climatiques, alors la dernière session de négociations, début novembre à Barcelone, avait avalisé le constat selon lequel Copenhague 2009 ne déboucherait que sur un “accord politique”, renvoyant la conclusion d’un traité international à 2010. C’est-à-dire sur un échec, revenant même sur l’esprit de Kyoto où l’on avait réussi à faire passer les souverainetés nationales derrière l’intérêt de la planète.

Source : Nouvel Obs - 16.11.2009

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