Démographie France : un point sur les résultats du recensement dans le Tarn
Recensement. Un nouveau décompte de la population depuis le 1er janvier 2010
Dans le classement des 20 plus grandes villes du Tarn, Lacaune a disparu au profit de Marssac. L’illustration de l’impact de l’A68 sur le développement du nord ouest tarnais quand les parties sud plus enclavées voient leur population diminuer.
Le Tarn continue de gagner des habitants. Depuis le 1er janvier 2010, la population légale en vigueur est de 381.483 habitants contre 377.518 il y a un an (NDLR : avec double compte). L’ouest tarnais et l’axe de l’autoroute A68 jouent un rôle prédominant dans l’essor démographique du département avec la proximité toulousaine. Le canton de Lavaur a gagné 607 habitants ; celui de Gaillac, près de 760 habitants et Saint-Sulpice explose (+56,2 % par rapport à 1999).
Si l’Albigeois montre un dynamisme plutôt général, la situation est plus contrastée autour de Castres. Le secteur de Vielmur, Puylaurens est en augmentation quand la population chute dans les Monts de Lacaune ou le Mazamétain.
Derrière Albi et Castres, Gaillac conforte sa position de troisième ville et Lavaur est passé devant Carmaux.
Mais si la population tarnaise augmente depuis le recensement de 1999, cette dynamique ne doit pas cacher une tendance lourde qui est le vieillissement de la population.
Gaillac passe le cap des 13 000 habitants
Pour Michèle Rieux, maire de Gaillac, la hausse de la population gaillacoise (13.300 habitants) n’est pas une surprise même si l’évolution sur un an est importante. “La tendance devrait se ralentir. Nous sommes sur le recensement au titre de 2007, avec la nouvelle façon de procéder de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Sur 2008 et 2009, nous avons constaté une forte baisse du nombre de permis de construire qui était de 244 en 2007 (186 et 153 en 2008 et 2009). L’augmentation des effectifs dans les établissements scolaires est un autre indice. Si cette évolution de la population est une bonne chose, il faut la prévoir en terme d’équipement, de services aux habitants. Nous l’avons anticipé même si on ne peut pas satisfaire toutes les demandes. Une nouvelle station d’épuration est faite. Avec nos partenaires, la commune va aussi accueillir deux autres crèches et le deuxième collège de Gaillac est en phase de construction.
Il faudrait maintenant que l’État reconnaisse dans ses dotations cette évolution de la population notamment au travers de la dotation globale d’équipement.”
Mais il y a aussi le revers de la médaille. “Nous sommes encore une petite ville mais nous ne sommes plus un village. Il nous faut réfléchir à nos problèmes de circulation, au positionnement des écoles. Une délinquance urbaine a vu le jour. On ne la rencontrait pas auparavant dans de telles proportions.”
Depuis 2004, Gaillac a révisé son plan local d’urbanisme et réduit les possibilités d’étalement urbain. Une façon de gérer l’évolution de la population comme le Schéma de COhérence Territorial (SCOT) mis en place à l’échelon du Pays.
Les chiffres :
| 1999 | 2006 | 2007 | Évolution 99 / 07 | |
| Albi | 49106 | 51199 | 51000 | + 3, 8% |
| Castres | 45413 | 44823 | 45023 | - 0,8% |
| Gaillac | 11461 | 12775 | 13300 | + 16% |
| Graulhet | 12982 | 12301 | 12298 | - 5,2% |
| Mazamet | 11259 | 10682 | 10590 | - 5,9% |
| Lavaur | 9023 | 10369 | 10542 | + 16,8% |
| Carmaux | 10417 | 10464 | 10461 | + 0,4% |
| Saint-Sulpice | 5005 | 7624 | 7819 | + 56,2% |
| Saint-Juéry | 6774 | 7189 | 7191 | + 6,1% |
| Aussillon | 7076 | 6876 | 6857 | - 3% |
| Labruguière | 5660 | 6008 | 6084 | + 7,4% |
| Rabastens | 4280 | 4875 | 4943 | + 15,4% |
| Lisle sur Tarn | 3748 | 4170 | 4232 | + 12,9% |
| Lescure d’Albi | 3743 | 4038 | 4090 | + 9,2% |
| Saïx | 3397 | 3443 | 3448 | + 1,5% |
| Réalmont | 2904 | 3240 | 3273 | + 12,7% |
| Blaye-Les-Mines | 3177 | 3206 | 3210 | + 1% |
| Puylaurens | 2863 | 2996 | 3063 | + 6,9% |
| Puygouzon | 2817 | 2966 | 2958 | + 5% |
| Marssac | 2407 | 2827 | 2882 | + 19,7% |
Saint-Sulpice : “10 000 habitants d’ici 5 ans”
Saint-Sulpice (7.819 habitants), une cité-dortoir de l’agglomération toulousaine, Bernard Soulet, le maire, réfute cette appellation. “C’est vrai que l’on va travailler à Toulouse. Mais il est parfois plus facile et plus rapide d’aller à Saint-Sulpice que de se rendre d’un quartier à l’autre de Toulouse. Les gens sont bien là, le soir, le week-end. Il existe une vie locale, associative. Les associations ont doublé comme le nombre d’adhérent. Il faut trouver les solutions pour réaliser les équipements nécessaires. Nous allons d’ailleurs construire un deuxième gymnase”.
Mais le premier magistrat de la ville considère qu’il faut savoir freiner cette évolution. Selon lui, les données officialisées au 1er janvier 2010 sont déjà dépassées. “Nous avons fait un recensement général en 2009 et les premiers éléments démontrent que l’on a passé les 8.000 habitants”. Et le maire estime que « d’ici 5 ans, nous atteindrons les 10.000 habitants”. Même si dans le cadre de la révision du plan local d’urbanisme, il n’y a pas de nouveaux terrains ouverts à l’urbanisation. “On fait une pause avec les gros lotissements. Il faut laisser les jeunes ménages qui se sont installés ici vieillir. Notre premier souci a été de répondre à leur besoin en crèche, en école. L’équipement sur la commune est désormais conséquent. Nous avons subi un vrai tsunami en terme d’arrivée d’enfant. Le problème maintenant, c’est le collège. Il est déjà saturé. Nous avions un projet de cité scolaire avec un lycée et un nouveau collège. La région et le conseil général nous suivaient mais l’Académie n’est pas d’accord à cause des frais liés à la création d’une nouvelle équipe éducative”.
Source : La Dépêche - 05.01.2010



