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Europe : comparaison des 271 régions d’Europe

Du fait d’une croissance moindre de leur PIB mais plus forte de leur démographie, les régions françaises ne figurent plus au 1 er rang en Europe. Leur faible autonomie politique et économique joue sans doute aussi un rôle.

Etonnement, voire stupeur, le mois dernier lorsque les toutes dernières statistiques d’Eurostat sur le classement des 271 régions européennes révèlent qu’une seule région française figure en 2007 parmi les 41 premières plus riches de l’Union! L’Ile-de-France, en l’occurrence. Celle-ci apparaît dans le classement à la 6ème place derrière des territoires comme les régions du Grand Londres (Royaume-Uni), du Grand Bruxelles (Belgique) ou de Hambourg (Allemagne) et même de Prague (République Tchèque). L’isolement de la région francilienne dans le groupe de tête est d’autant plus spectaculaire qu’une région européenne sur sept atteint ou dépasse ce résultat. Surtout, outre l’Ile-de-France, trois régions françaises seulement se situent désormais au-dessus de la moyenne européenne : Rhône-Alpes, l’Alsace et Paca. Il y a quelques années, on en comptait une sur deux.

Nains politiques
C’est que les régions françaises ont perdu des positions. Leur PIB par habitant n’a progressé que de 1,1% en moyenne par an entre 2000 et 2007 alors qu’il augmentait dans le même temps de + 1,4% dans l’Europe à 15 et de + 1,8% dans celle à 27. Il y a encore trois ans, huit régions françaises avaient un taux de croissance supérieur à la moyenne européenne, parmi lesquelles Paca, Bretagne, Midi-Pyrénées, Aquitaine et Pays de la Loire. Les trois autres (Ile-de-France, Rhône-Alpes et Nord - Pas-de-Calais) affichaient déjà des taux inférieurs à la moyenne européenne. Cette incontestable perte de terrain ne semble pas liée seulement à un simple ralentissement du rythme de croissance économique. Il faut sans doute y voir aussi les effets d’une augmentation plus forte de la démographie en France que dans la plupart des autres pays européens.

Mais, font valoir à juste raison ceux qui critiquent la pertinence du classement Eurostat, il n’y a pas grand-chose de commun entre, par exemple, la Corse (300.000 habitants) et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (plus de 18 millions). Pourtant, la taille des régions, une question encore soulevée à l’occasion du débat en cours sur la réforme territoriale, joue-t-elle un rôle si important ? Après tout, le petit Land de Hambourg (une ville-Etat) n’en est pas moins l’une des régions les plus riches de l’Union. Le positionnement géographique dans ou à proximité d’un espace (avec Londres, Paris, Luxembourg et Copenhague à ses quatre coins) qui concentre une grande partie des richesses de l’Union européenne est peut-être davantage décisif.

 
 

A moins que l’influence d’une région ne dépende de son degré d’autonomie politique. Celui-ci demeure très limité en France, en tout cas beaucoup plus que dans des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni. En outre, le budget des régions françaises est notoirement faible. Le rapprochement de cas à peu près comparables (en termes de population) de Rhône-Alpes, Lombardie, Catalogne et Zurich sont, à cet égard, édifiants. Et, même si l’action économique relève d’une compétence qui n’est pas exclusive à la région, il n’en reste pas moins que les conseils régionaux français courent avec un lourd handicap pour influer un tant soit peu dans des secteurs déterminants pour la compétition internationale. “Un Land comme celui de Hambourg consacre deux fois plus de moyens en un an à l’innovation que les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine réunies en deux ans”, rappelle l’économiste Nicolas Bouzou, partisan de davantage d’autonomie pour les territoires locaux.

Source : Les Echos - 09.03.2010

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  1. Comment interpreter ces resultats ?

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