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Démographie France : les ménages recomposés dopent la natalité française

Les couples se séparent de plus en plus, mais le fait de se remettre en ménage entraîne souvent des naissances qui n’auraient pas eu lieu dans le cadre de la première union, montre une étude de l’Ined (Institut National Etudes Démographiques).

Près d’un mariage sur deux se termine par un divorce dans l’Hexagone. Mais ces séparations ne semblent pas entamer la propension à avoir des enfants des Français, qui demeurent les champions de la fécondité en Europe. Le fait de se remettre en couple après une première union favoriserait même les naissances, si l’on en croit une étude de l’Institut national démographique publiée cette semaine.

 
 

Parmi les naissances survenues dans les années 2000-2004, 22% ont eu lieu dans une nouvelle union pour les pères et 17% pour les mères. La rencontre d’un nouveau partenaire, même en ayant déjà eu des enfants lors d’une précédente union, entraîne souvent une naissance, voire plusieurs, qui n’auraient pas eu lieu sinon. Ainsi, à 35 ans et dans le cadre d’une nouvelle union, une femme aura deux fois et demie plus de chances d’avoir un enfant supplémentaire qu’une femme restée unie à son premier partenaire. Même observation chez les hommes, qui, du coup, ont tendance à se retrouver à la tête d’une famille nombreuse : 40% des hommes qui ont vécu plusieurs unions avant 45 ans ont trois enfants ou plus, contre 32% pour ceux qui n’ont eu qu’une seule conjointe. Et les hommes nés entre 1945 et 1954 ont eu en moyenne 2,17 enfants si leur première union est restée intacte et 2,29 en cas de nouvelle union.

L’âge, un facteur déterminant
Le niveau de fécondité au cours de la deuxième union dépend pour beaucoup de l’âge auquel elle se noue, notamment pour les femmes : 14% des couples (en deuxième union) dans lesquels la femme a 35 ans ne pourront pas être parents du fait d’un problème de stérilité et 35 % dans les cas où la femme a 40 ans.

Le problème se pose avec moins d’acuité pour les hommes, dont la fécondité diminue moins avec l’âge et aussi parce que ces derniers ont plus souvent tendance à se remettre en couple avec une femme plus jeune que leur ancienne compagne. Jusqu’à 42 ans, plus de la moitié des hommes forment une deuxième union avec une partenaire âgée de moins de 35 ans. L’âge est bien un des facteurs déterminants, avant même le fait d’avoir déjà eu des enfants. Ainsi, la grande majorité des femmes reformant une union avant 32 ans donnent naissance à un ou plusieurs enfants, même si elles étaient déjà mères au cours d’une première union. En revanche, après 32 ans, leur fécondité baisse en deuxième union, qu’elles aient déjà eu des enfants ou non.

En somme, le niveau de fécondité est d’autant plus élevé que la nouvelle union sera rapide et avec un partenaire encore fertile. Mais, selon l’auteur de l’étude, l’impact global de ces comportements sur le niveau général de la fécondité reste encore marginal pour une raison simple : toute séparation n’est pas forcément suivie d’une nouvelle idylle.

Source : Les Echos - 26.02.2010

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