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Education : 3% de la population française ne sait pas compter

Tout comme l’illettrisme gagne du terrain et appauvrit 12% de la population, la dyscalculie handicape 3% des adultes français et en majorité les femmes.

C’est ce qui ressort d’une étude diligentée par l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) et conduite par un professeur de psychologie de Nancy auprès de plus de 10.000 personnes. Celles-ci ont été soumises à une kyrielle de questions sur le sujet et l’on s’aperçoit en examinant sérieusement les réponses que ces “dyscalculiques” éprouvent de réelles difficultés au quotidien aussi bien dans leurs activités professionnelles que dans leur contexte usuel, ne serait-ce que pour se diriger d’après un plan, faire des courses, acheter des timbres poste à un guichet automatique ou comprendre le libellé d’une facture.

Cela semble se compliquer encore plus lorsqu’il s’agit de jongler avec les chiffres pour convertir les monnaies étrangères et d’établir les transactions en roubles, en yen ou en dollars.

Ce préjudice varie selon le niveau d’études
On parle cependant peu de ces incidences parfois très préjudiciables dans la vie de tous les jours. Pourtant elles existent et pénalisent fortement ceux qui en sont victimes.

On n’imagine pas le calvaire enduré par ces malades des chiffres dont la seule et anodine soustraction ou division fait tourner la tête au point d’occasionner des vertiges. Les femmes y sont d’ailleurs plus sujettes que les hommes et cette étude révèle 4,31% pour seulement 3,13% chez leurs homologues masculins.

À cet effet il est intéressant de comparer certains chiffres. Si l’on se réfère à une étude précédente menée sur des élèves de cours élémentaire ou de 6e, on recense à peine plus d’1% de cas atteints de cette “dyscalculie discriminatoire” à plusieurs égards. Autre fait symptomatique non négligeable à observer : cette proportion aurait tendance à décroître et à se résorber selon le niveau d’études, pour preuve, près de 9% d’adultes enclins à ce phénomène n’auraient pas dépassé le brevet des collèges ou la seconde alors que ceux titulaires du baccalauréat ne seraient que 4%. Le taux chute même à 0,5% en ce qui concerne les Bac + 5 voire plus.

Moins pénalisante que la dyslexie
D’après le professeur Fisher et certains neuropsychiatres qui se sont penchés sur la question, l’origine de ce trouble proviendrait d’un quelconque désordre génétique voire congénital qui affecterait certaines zones sensibles du cerveau, à ne pas confondre toutefois avec la dyslexie. Mais comme le soulignent ces éminents chercheurs, les troubles du langage s’avèrent beaucoup plus pénalisants que la dyscalculie que l’on peut de nos jours contourner aisément au moyen de calculettes ou de l’ordinateur portable.

Selon la filière choisie dans la vie professionnelle ou son mode de vie tout approprié, on peut relativement se passer de compter mais pas de pouvoir s’exprimer librement.

Source : Le Petit Niçois - 26.03.2010

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