Démographie France : presque 4 millions d’habitants en Bretagne en 2040
Si les toutes nouvelles projections de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) se vérifient, la Bretagne comptera dans trente ans 3.873.000 habitants, soit 753.000 de plus qu’aujourd’hui. Grâce à un fort pouvoir d’attraction, elle sera l’une des quatre régions dont la démographie progressera le plus.
Notre région est plus attractive que la Côte d’Azur
“Personne n’avait pensé que la Bretagne attirerait autant”. On savait la démographie de la Bretagne dynamique, grâce en particulier aux nombreuses installations sur son territoire, mais les résultats de la nouvelle étude qu’a présentée l’INSEE vont bien au-delà des projections précédentes. Réalisée à partir du recensement de 2007, elle aboutit à une augmentation très sensible de la population à l’horizon 2040.
24% de plus qu’aujourd’hui
Si les comportements migratoires actuels se confirment, la Bretagne administrative sera alors forte, selon le scénario dit central, de 3.873.000 habitants. C’est 24% de plus qu’aujourd’hui. Seulement trois autres régions métropolitaines font mieux : Pays-de-la-Loire, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Selon le scénario “haut”, la Bretagne pourrait même dépasser dans trente ans les quatre millions d’habitants. “Entre 1999 et 2007, il s’est passé beaucoup de choses en Bretagne”, constate l’INSEE pour expliquer les résultats de cette nouvelle étude. Une étude qui revoit également à la hausse les projections à l’horizon 2030. Dans vingt ans, les Bretons pourraient être 3.674.000 alors que l’étude de 2007, réalisée sur la base du recensement de 1999, n’envisageait que 3.470.000 habitants. C’est quand même 200.000 de plus. Pas de surprise, les apports migratoires seront le principal moteur de ce dynamisme démographique. Un phénomène que d’aucuns qualifient déjà de ruée vers l’Ouest. Le solde naturel ne contribuera lui que peu à l’augmentation de la population. On notera quand même que ce solde ne devrait devenir négatif qu’à partir de 2035 alors que précédemment la bascule était envisagée en 2018. Jusqu’en 2035, les naissances continueront donc à être légèrement supérieures aux décès.
20.600 habitants par an
Entre 2007 et 2040, la Bretagne gagnerait globalement chaque année en moyenne 20.600 habitants dont 17.900 par migrations. Des quatre départements, le Morbihan devrait être le plus attractif avec jusqu’à 6.200 nouveaux habitants par an. Le Finistère attirerait, lui, 4.300 personnes et les Côtes-d’Armor 3.900. L’Ille-et-Vilaine serait légèrement à la traîne avec 3.500 nouveaux arrivants. Mais ce département compensera par un solde naturel qui, contrairement aux trois autres, restera assez largement positif. Parmi ces nouveaux habitants, beaucoup seront, comme on dit, des seniors mais pas seulement. Selon l’INSEE, les plus de cinquante ans représenteront à peu près 50% des nouveaux arrivants. Et si, dans le même temps, la Bretagne pourrait perdre 2.600 jeunes de 20-29 ans par an, elle en gagnerait 4.600 de moins de 20 ans.
Inéluctable vieillissement
On ne s’en étonnera pas, le vieillissement de la population est solidement inscrit dans les tendances actuelles. En 2040, le tiers des Bretons aura plus de soixanteans contre 23% aujourd’hui. Soit une augmentation de leur nombre de 76%. La proportion des moins de vingt ans sera de l’ordre de 22%, comme sur l’ensemble de la France. Il faut le préciser, il ne s’agit là que de projections réalisées à partir des tendances actuelles. Rien ne dit que des événements ou des décisions d’ordres économique ou politique ne viendront pas modifier les flux migratoires. On peut par exemple imaginer que les élus pourraient considérer que l’installation sur le littoral d’une très importante population de retraités pourrait à terme poser de sérieux problèmes.
Source : Le Télégramme - 08.12.2010



